STOP OU ENCORE ?

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STOP OU ENCORE ?


En ce jour férié, du 15 août, en pleine période de vacances, c'est peut-être le bon jour pour une pause afin de faire le point (à la ligne).

Plusieurs mois de travail, une centaine d'articles plus les brouillons en attentes, ce qui représente des centaines d'heures de travail.
Je voulais juste transmettre le peu de savoir que j'avais, j'étais sûrement bien prétentieux car au vu des visites, cela n'intéresse pas grand monde.

Une question, vient donc logiquement : Cela vaut-il la peine de continuer ?

Pourriez-vous exprimer votre opinion dans les commentaires, dois-je continuer ou pas ?


À bientôt (PEUT-ÊTRE), et portez-vous bien !

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vendredi 18 avril 2014

Féodalité

Système économique, politique et social qui se développa du Xe au XIIIe siècle à l'issue de l'Empire carolingien. Caractérisé par les accords entre les membres de la hiérarchie au pouvoir appelé vassalité et le partage des terres en fiefs d'où son nom est tiré.

C'est surtout la codification et son application qui est à son apogée à cette époque, mais ne soyons pas trop naïf. La féodalité est en fait une des multiples versions que l'être humain a créé pour perfectionner le principe de vie en meute comme les loups par exemple.
Voyons un peu le fonctionnement de la meute de loup. La meute se compose d'une dizaine d'individus, très hiérarchisée elle est dominée par un couple appelé alpha. Il y a plusieurs niveaux au sein de la meute, et le plus faible est appelé oméga. Chaque niveau est soumis au niveau supérieur mais aussi directement au couple alpha. Chacun profite alternativement des qualités de son supérieur ou subalterne, et de façon collective de la puissance du groupe pour la chasse ou la défense. Le couple alpha est garant de la sécurité, du maintien de l'ordre, de la cohésion et du bien-être dont la nourriture de chaque membre de la meute. En contrepartie seul le couple alpha peut s'accoupler et avoir une progéniture, il choisi leur territoire et terrain de chasse et sont les premiers à se nourrir. Une fois établi la hiérarchie est remise en cause régulièrement mais rarement de façon très agressive car les loups pourraient se blesser gravement et mettre le meute en péril, l’intérêt de chaque membre étant de rester unis pour être fort.

À quelques détails près, c'est aussi le mode de vie que l'être humain à de tout temps usité et qu'il s'évertue à perfectionner, pour le plus grand bénéfice des plus puissants. Ceci dit, revenons à cette période dite féodale, bien souvent confondue avec l'ensemble du Moyen Âge.

Souverain, souveraineté :
- le mot souverain dans le sens où il désigne le détenteur d’un pouvoir suprême (souveraineté) sur un groupe d’hommes ; historiquement, le souverain est un prince, à la tête d’une aristocratie, et porte souvent le titre de roi et parfois d’empereur ; c’est pourquoi il est devenu synonyme de roi ou de monarque ; c’était à l’origine le seul à pouvoir décider en dernier lieu, de par sa qualité, d’un acte de gouvernement de son État ;
- cette idée qu’un seul peut gouverner sans que sa décision ne puisse être contestée en dernier ressort explique qu’on parle parfois d’une décision souveraine lorsque celle-ci s’impose à tous ;
- avec le développement de certaines formes de démocraties, dans quelques périodes de l’antiquité (République romaine, et surtout Grèce classique), et le développement de cette idée depuis le XVIIe siècle, la notion de puissance de souveraineté peut également s’appliquer à un groupe d’hommes libres, et non plus seulement à un seul homme ; on parle ainsi du peuple souverain lorsque les citoyens d’un pays prennent part à la vie politique de leur État.

Suzerain. Dans le système féodal, le suzerain est un seigneur qui octroie un fief à son vassal lors de la cérémonie de l’hommage.

Vassal. Héritière de la recommandation du Haut Moyen Âge, la vassalité est la situation de dépendance d’un homme libre (vassal, du latin vassus) envers son suzerain par la cérémonie de l’hommage. Le système féodo-vassalique s’est développé à cause de l’affaiblissement de l’autorité publique après l’effondrement de l’Empire carolingien (Xe XIe siècle). L’Empereur, les Rois et bientôt les Princes territoriaux étaient incapables de faire régner l’ordre et d’imposer leurs pouvoirs aux seigneurs locaux. Un réseau de relations d’homme à homme s’impose donc, donnant des droits et des devoirs pour chacun d’entre eux, une pyramide sociale allant théoriquement du roi au grand seigneur (grand feudataire), seigneur, vassal et arrière-vassal ( Vavasseur ) mais dont l’effectivité dépend de l’autorité du supérieur.
Même si la vassalité allie deux hommes libres, il est cependant évident que ces hommes ne sont pas égaux. Le seigneur a davantage de pouvoir que le vassal. En effet, il dispose du droit de ban, c’est-à-dire le droit de punir, contraindre et juger. Le vassal se met sous la protection d’un plus puissant. Néanmoins cette puissance doit beaucoup au nombre, à la loyauté et la puissance relative de ses vassaux, d’où la réciprocité. On parle donc de contrat synallagmatique car il engage les deux parties à l’acte qui ont des obligations l’une envers l’autre.
Le contrat peut se résumer à l’auxilium, c’est-à-dire l’aide, et au consilium, le conseil (et non “concilium”).
Les devoirs du vassal envers son seigneur sont d’abord des interdictions. Le vassal ne doit pas nuire à son seigneur, à sa famille et à ses biens. Obligations somme toute assez vagues. Le vassal doit l’aide militaire à son seigneur. Lorsque celui-ci est attaqué, le vassal doit venir avec ses armes pour le défendre. Le vassal est aussi chargé de la garde du château (estage) et de l’escorte de son seigneur. Quand le seigneur attaque un autre, le service militaire (ost)ou (host) est limité à 40 jours. Mais le vassal reste évidemment aux côtés de son seigneur si le conflit dépasse cette durée. Il sera dédommagé en argent au-delà de 40 jours de combat.
Le vassal doit aussi assurer une aide financière. L’aide aux 4 cas (en France et Angleterre). Le vassal doit donner de l’argent ou des cadeaux à son seigneur lorsqu’il marie sa fille aînée, lorsqu’il adoube son fils aîné, lorsqu’il part à la croisade et lorsqu’il est fait prisonnier et qu’il doit une rançon.
Enfin, le vassal est astreint à fournir des conseils à la demande de son seigneur. Il doit participer aux assemblées féodales, aux cours de justice du seigneur ainsi qu’aux fêtes liturgiques. L’ensemble des vassaux d’un seigneur est ainsi soudé par ces temps forts.
Les dépenses du vassal sont donc considérables. Il doit acheter et entretenir un cheval et des armes, il doit pouvoir se nourrir et assurer un certain genre de vie. C’est pour répondre à ces exigences que le seigneur doit donner un fief à son vassal. Ce fief est en général une terre qui rapporte des revenus au vassal (redevances). Le fief est pris sur les terres ou les revenus du seigneur.
Le seigneur doit également protéger son vassal contre ses ennemis et lui rendre bonne justice.
Par la cérémonie de l’hommage (à ne pas confondre avec celle de l’adoubement qui fait d’un homme un chevalier), le vassal devient l’homme d’un seigneur. Les documents qui décrivent cette cérémonie sont abondants, aussi bien les textes que les sources iconographiques.
L’hommage est une cérémonie publique qui se déroule en général au château du seigneur, devant témoins. Il n’y a donc pas besoin de contrat écrit. Les rites et les gestes de cette cérémonie sont importants, mais l’ordre de ces gestes sont différents selon les régions.
Est félon le vassal qui rompt le contrat de vassalité. Le seigneur peut alors proclamer la saisie de son fief rarement mise en œuvre jusqu’en 1202 lorsque Philippe Auguste proclame la saisie à Jean sans Terre, saisie qu’il appliquera pour montrer l’exemple. Cependant, si le seigneur manque à ces engagements, il peut aller se plaindre au seigneur du seigneur, pour lui demander la protection et c’est lui qui décidera du sort du seigneur (il peut donner le fief au vassal définitivement sans que le seigneur puisse en bénéficier).
À partir de la deuxième moitié du XIIe siècle, le roi de France augmente son pouvoir en utilisant le système féodo-vassalique. Il se place de lui-même au sommet d’une pyramide d’hommages :
- il fait prêter serment de fidélité à ses arrière-vassaux ;
- il acquiert des territoires par la guerre (Normandie par exemple) ;
- il acquiert des territoires en proposant des rentes en échange de fiefs (fief de bourse) ;
- il augmente son prestige et son autorité en jugeant en appel tout jugement.
Le vavasseur ou vavassal du latin médiéval vassus vassorum (vassal des vassaux), était le vassal d’un seigneur lui-même vassal. C’est un titre des débuts de la féodalité, qui a disparu par la suite. Le titre existait déjà à l’époque carolingienne.
L’Adarga Catalana, l’épopée catalane, parle d’un certain Arnald d’Oms fait vavasseur du village de Montescot dans les Pyrénées-Orientales : « (...) Don Arnald d’Oms, Vavassor de Montescot cuya plaza y castillo le encarego Carlo Magno Imperador. »
Au XIIe siècle, ils faisaient partie de la classe la plus inférieure de la noblesse, avec les chevaliers.

Recommandation (cérémonie). Pour maintenir l’unité de l’empire carolingien, Charlemagne introduit la cérémonie de recommandation qui impose un serment de vassalité. Il surveille de près ses vassaux grâce à l’inspection régulière conduite par les missi dominici et parce qu’ils sont convoqués annuellement pour partir en campagne (dont les conquêtes territoriales et le butin associé pourront être redistribués). D’autre part, il ne concède les charges qu’à titre viager ce qui lui permet de récupérer les terres à la mort du vassal, d’éviter la perte progressive de ses possessions et de conserver un moyen de pression sur ses vassaux auxquels la jouissance des terres accordées en précaire peut être retirée.

Pariage ou paréage. Convention entre un seigneur puissant qui offrait sa protection, et un autre plus faible généralement un ecclésiastique qui offrait la moitié des revenus d’une seigneurie donnée laquelle devenait alors indivise.

Hommage. Dans le système féodal, l’hommage est l’établissement ou le renouvellement d’une convention de vassalité qui interdisait toute rivalité entre deux hommes libres. La cérémonie devait en général avoir lieu au manoir seigneurial du futur suzerain en présence de plusieurs témoins. Elle rappelait publiquement l’existence d’une relation de féodalité entre deux familles, voire deux lignages, représentés par leurs chefs qui pouvaient être une femme. Bien que typiquement hiérarchique, le contrat de vassalité entre les deux groupes les place dans un rapport de complémentarité dont les conditions ne sont pas déséquilibrées.

Félon. Au Moyen Âge, selon le droit féodal, le félon était celui qui rompait le contrat de vassalité. Le crime de félonie concerne aussi bien le suzerain que le vassal.
Par exemple, on pouvait considérer comme acte de félonie, de la part d’un vassal, le fait de :
- maltraiter, injurier, ou attenter à la vie de son seigneur, de son épouse ou de ses enfants ;
- déshonorer l’épouse, la sœur ou la fille du seigneur
- révéler les secrets du seigneur à l’ennemi de celui-ci.
On pouvait parler aussi de banquet de félon lorsque le seigneur invitait à sa table ces vassaux et qu’il leur fournissait nourriture à volonté sans se soucier du sort de peuple qui pendant ce temps mourrait de faim. Dans ce cas précis, on pouvait parler de crise du capital.
Le vassal reconnu coupable de félonie à l’égard de son seigneur s’exposait généralement à la commise (confiscation) de son fief. Dans des cas extrêmes, la sanction pouvait aller jusqu’au bannissement ou la condamnation à mort.
Le seigneur reconnu coupable de félonie à l’égard de son vassal s’exposait à la perte d’hommage et de mouvance du fief qui était tenu de lui. L’hommage était alors reporté par le vassal au suzerain du félon, de qui le fief était tenu. Par exemple, un vassal tenant son fief d’un comte, qui le tenait lui-même du roi, faisait alors directement hommage au roi.
Dans le langage courant, le terme de félon pouvait aussi désigner, par extension, un traître ou un lâche.

Commise. Droit féodal, confiscation par un seigneur du fief de son vassal . On disait que le fief était alors tombé en commise.
De façon générale, la commise pouvait avoir lieu dans deux cas :
- lorsque le vassal n’avait pas fait hommage pour son fief dans les délais coutumiers (habituellement, un an et un jour) ;
- lorsque le vassal avait manqué à la fidélité qu’il devait à son seigneur (félonie).
La commise n’était pas encourue de plein droit, elle devait être auparavant prononcée par jugement.

Ban. Au début le ban était une proclamation ayant force de loi. Il devient le pouvoir seigneurial, puis par métonymie, désigne le territoire ou les personnes sur lequel il s’applique. Il en découle de nombreuses expressions dont le ban et l’arrière-ban, qui désigne les vassaux directs et les vavassaux (vassaux de vassaux). Au sens figuré il désigne les amis, ou la famille directe ou de second rang.

Banneret. Seigneur qui peut arborer une bannière au combat, regrouper ses vassaux en une unité et de les diriger. Le banneret doit donc disposer de finance pour entretenir les troupes nécessaires pour lever sa bannière au combat et la défendre.

Bannière. Drapeau symbole du seigneur banneret autour duquel se regroupent les vassaux rassemblés par le ban.

Aide. Service obligatoire dû par le vassal à son seigneur, obligations d’ordre militaire ou pécuniaire.

Châtelain :
- le terme Châtelain désigne, parfois à tort, un seigneur qui possède un château et les terres attenantes ;
- il désigne aussi, de la même manière, le locataire d’un château ;
- avec le développement de la féodalité ce terme a impliqué une signification juridique particulière (voir prévôt). Sous les Carolingiens, le châtelain était originellement un officiel de la cour. À partir de la fin du XIIe siècle et pendant tout le Bas Moyen Âge, le châtelain est un officier chargé de tenir le château et ses environs pour un seigneur important.

Châtellenie. La châtellenie est au Moyen Âge l’unité la plus petite du découpage administratif. Elle désigne le territoire sur lequel le maître du château exerce ses droits banaux. En son centre se trouvent le château et son mandement (territoire tenu, exploité et protégé par le château), qui est le chef-lieu de châtellenie, administré par un châtelain. Cet officier, comtal ou princier, est nommé et rémunéré. Sa charge est révocable et déplaçable. À sa fonction première d’être le gardien du château, il tient la comptabilité et doit présenter régulièrement ses comptes, (les comptes de châtellenie). Il exerce également l’ensemble des droits par délégation, militaire et judiciaire. Par extension et à tort, tout possesseur de château, soit reçu, repris en fief ou élevé sur son alleu, sur lequel un seigneur exerce son ban, est désigné comme châtellenie. Ce titre doit être réservé aux seigneurs relevant directement du comte ou des princes, en conséquence, un seigneur banal, n’est pas forcément châtelain, même pourvu d’un château. Cet office a souvent été occupé par les cadets des grandes familles ou bien par la petite noblesse locale.
La république de Saint-Marin utilise encore cette dénomination (en italien castello, au pluriel castelli) pour ses 9 subdivisions internes, reprenant les anciennes délimitations des seigneuries, ce terme est assez proche de “commune d’un village” en France.

Faidit, faydit. Les faidits sont les chevaliers et les seigneurs languedociens qui se sont retrouvés dépossédés de leurs fiefs et de leurs terres lors de la Croisade des Albigeois. Ils firent partie prenante dans la résistance occitane menée contre l’occupation et l’établissement des croisés venus du nord.
Les seigneurs languedociens qui devenaient coupables de faidiment pouvaient le devenir pour deux raisons.
Soit ils étaient des croyants cathares et donc coupables directement d’hérésie.
Soit ils refusaient de prêter allégeance aux meneurs de la croisade, ce qui faisait d’eux (aux yeux des croisés) des protecteurs des hérétiques (ce qui était dans certains cas vrais, car des parfaits et parfaites étaient parfois des membres de leur famille).
Un seigneur ou un chevalier rendu coupable de faidiment pouvait voir ses terres confisquées par les croisés. De nombreux faidits ainsi pourchassés rejoignirent le maquis et prirent une part active dans la résistance à l’occupation de l’Occitanie par les croisés.
Le devenir de ces chevaliers fut très différent. En effet, on ne reste pas nécessairement faidit à vie. Certains moururent pour leurs terres ou s’exilèrent à la cour du roi d’Aragon, comme Géraud de Niort un temps. D’autres cherchèrent aussi à faire la paix avec l’Église afin de recouvrer leurs terres et leurs droits en échange de promesses de combattre les hérétiques à leur tour ou alors de prendre la Croix pour aller en Terre Sainte comme ce fut le cas, par exemple, d'Olivier de Termes, de Bernard-Othon de Niort (qui alla jusqu’à Rome se faire absoudre par le Pape...)
Parmi les faidits célèbres, nous comptons : Raymond VI de Toulouse et son fils Raymond VII, Raimond Trencavel, Pierre-Roger de Mirepoix, le défenseur de Montségur et bien sûr Olivier de Termes.

Marche. Une marche dans le système féodal, désigne une province ou un territoire situé en bordure de l’État, dont la responsabilité était confiée à un marquis ou margrave.

Prévôt. Le terme prévôt vient du latin præpositus, préposé. Au Moyen Âge, le prévôt est un agent du seigneur ou du roi chargé de rendre la justice et d’administrer le domaine qui lui est confié.
- À partir du XIe siècle, les Capétiens retirent l’administration du domaine royal aux nobles pour la confier à des prévôts, généralement des roturiers aisés, qui possèdent le droit de percevoir les revenus du roi dans leur conscription ou prévôté. Cette pratique, bénéfique pour les finances royales, entraîne rapidement de graves abus et, dès la fin du XIIe siècle, le prévôt est contrôlé par un bailli dit “itinérant”, puis, au XIIIe siècle, par un bailli et un sénéchal à poste fixe. Le prévôt était au Moyen Âge l’intendant d’un domaine seigneurial et avait pour rôle d’administrer, de juger et de percevoir les taxes. Il était subordonné au bailli. Il était en outre chargé de gérer les biens et les revenus pour le compte d’un maître, d’un seigneur laïc, ou d’un ecclésiastique. Le prévôt encaisse les revenus et entretient les bâtiments, châteaux et hôtels royaux. Le prévôt est donc devenu progressivement le représentant du roi et de son pouvoir dans une fraction du domaine. L’ensemble des droits et revenus qu’il prélevait constituait la prévôté. Au XIVe siècle, les prévôts virent leur pouvoir judiciaire s’étendre pour représenter la juridiction de première instance, d’un point de vue civil comme pénal. Lorsque le roi concédait à une ville une charte de franchises ou de commune, il concédait également la prévôté, c’est-à-dire tous les revenus afférents à celui-ci, moyennant le versement d’une somme fixe. Les abus et plaintes des sujets se sont concentrées sur cet office, au point que la mise en garde des prévôtés devint une des revendications majeures de l’opinion. Les prévôts de petite naissance sont mal vus par le peuple.
Les prévôts achètent une charge, c’est le système de l’affermage, l’État abandonne au prévôt la perception des divers impôts en vigueur dans le royaume, moyennant une somme d’argent. Mais ce système pose problème car de ce fait, ils sont difficiles à contrôler et à surveiller. Les prévôts en profitent pour ne plus respecter leurs obligations et font ce qu’ils veulent.
Concernant les finances, les prévôts se chargent de récolter les rentes, à savoir le cens, le champart qui est prélevé sur les récoltes plus les redevances telles que les revenus des péages (prélevés au niveau des ponts par exemple) ainsi les tonlieux sur les marchandises.
- Les prévôts royaux exercent la fonction la plus basse dans la hiérarchie des juges royaux. Cependant, les juges “subalternes” ont eu différentes désignations selon la région où ils exerçaient leur fonction. En Normandie et en Bourgogne, on les appelait des châtelains, dans le Sud, des viguiers. Sa juridiction s’étend au domaine royal.
- Le prévôt seigneurial exerce la même fonction que le prévôt royal mais sa juridiction s’étend aux terres seigneuriales, dépendantes du royaume de France.

Avoué. Dans le droit féodal, l'avoué était la personne chargée de la protection et de la représentation juridique d'une institution ecclésiastique, pour les affaires séculières de la vie quotidienne. C'était en général un seigneur qui mettait ses forces au service d'une institution ecclésiastique, généralement une abbaye, en échange d'une rémunération perçue sous forme d'impôt ou d'une partie des amendes. L'avoué dirigeait notamment les vassaux de l'institution. Son rôle était similaire à celui du vidame. Un même seigneur pouvait assurer la défense des biens de plusieurs établissements religieux différents.
L'avouerie a été instituée à l'époque carolingienne, quand les grands domaines ecclésiastiques se sont formés. Les gens d'Église, ne pouvant ni porter les armes, ni rendre la justice civile, ont été obligés de sous-traiter la défense de leurs biens à des hommes d'armes. Par la suite, l'avouerie devient une charge qui se transmet et se négocie comme un fief héréditaire et a souvent fait l'objet de querelles et procès entre l'autorité religieuse s'estimant spoliée et le seigneur qui considérait ce droit comme lui étant acquis définitivement.
Dans le royaume de France, les advocati (avoués) formaient deux catégories distinctes d’avoués.
La première catégorie comprenait les princes, ducs ou comtes chargés de la protection juridique des biens ecclésiastiques, en échange d’un revenu souvent annuel. Ces grands seigneurs séculiers régnaient sur de vastes terres qu’ils n’administraient généralement pas directement.
La seconde catégorie comprenait des seigneurs désargentés, chevaliers ou petits nobles, souvent vassaux des premiers, et qui tiraient la majorité de leurs revenus de l’avouerie. Ces derniers détenaient leur avouerie comme un fief héréditaire, fief qui constituait souvent leur seul moyen de subsistance. Leur fonction consistait généralement à représenter l'abbé, dans sa qualité de seigneur temporel, devant les tribunaux pour toutes les affaires séculières. En tant que représentant du supérieur de l’abbaye, l’avoué devait exercer la justice séculière sur les terres de l’abbaye, mais aussi prélever les impôts en nom et place de l’abbé. En cas de conflit armé, l’avoué devait parfois mener ses sergents et ses cavaliers au combat pour défendre les intérêts de l’Église.

Avouerie. L'avouerie est la charge de l'avoué.

Seigneur :
- propriétaire féodal ;
- personne noble de haut rang ;
- en grand seigneur, signifie avec luxe, magnificence, ou avec noblesse ;
- être grand seigneur signifie dépenser sans compter ;
- le Seigneur autre nom de Dieu.

Seigneuriage :
- droit d’un seigneur féodal ;
- droit prélevé par un seigneur, un souverain sur la frappe des monnaies.

Seigneurial, seigneuriale, seigneuriaux :
- qui dépendait d’un seigneur, ou qui lui appartenait ;
- digne d’un seigneur, un train de vie seigneurial, par exemple.

Seigneurie :
- droit, puissance, autorité d’un seigneur sur les personnes et les biens dépendant de ses domaines ;
- terre sur laquelle s’exerce la puissance du seigneur ; la seigneurie comprenait la réserve seigneuriale, la vaine pâture et les tenures ;
- Votre Seigneurie , est le titre d’honneur des anciens pairs de France et des membres actuels de la Chambre des lords, en Angleterre.

Serf. Sujet non libre de statut héréditaire, soumit à la dépendance du seigneur, frappé d’incapacités, d’obligations et de redevances.

Aveu :
- acte qu’un vassal était obligé de donner à son seigneur et par lequel il avouait (reconnaissait), tenir de lui tel ou tel héritage ;
- par extension, l’acte par lequel un seigneur avouait (reconnaissait), quelqu’un pour vassal ou un vassal quelqu’un pour seigneur ;
- approbation, consentement, agrément qu’une personne supérieure donne à ce qu’un subalterne a fait ou a en projet de faire ;
- un homme sans aveu : un homme qui, n’ayant pas été reconnu pour vassal par un seigneur, ne pouvait réclamer sa protection.


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