STOP OU ENCORE ?

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STOP OU ENCORE ?


En ce jour férié, du 15 août, en pleine période de vacances, c'est peut-être le bon jour pour une pause afin de faire le point (à la ligne).

Plusieurs mois de travail, une centaine d'articles plus les brouillons en attentes, ce qui représente des centaines d'heures de travail.
Je voulais juste transmettre le peu de savoir que j'avais, j'étais sûrement bien prétentieux car au vu des visites, cela n'intéresse pas grand monde.

Une question, vient donc logiquement : Cela vaut-il la peine de continuer ?

Pourriez-vous exprimer votre opinion dans les commentaires, dois-je continuer ou pas ?


À bientôt (PEUT-ÊTRE), et portez-vous bien !

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samedi 7 juin 2014

Les armes vikings

Les Vikings


Si vous venez voir les armes diaboliques de ces barbares assoiffés de sang, de ces suppôts de Satan qui passaient leur temps à tout piller, vous risquez d’être déçu.
En fait, ce que nous appelons les Vikings, étaient avant tout des marchands nomades scandinaves qui ont vécu de l’an 800 à 1050. Certains ont fait quelques mauvais coups, mais on ne peut généraliser. Surtout qu'à l'époque tous les peuples étaient plus ou moins belliqueux.
Leurs plus belles armes sont donc leurs bateaux, dont nous allons parler en premier.

Les navires vikings


Le drakkar est le nom donné à tort par un Auguste Jal vers 1840, à tous les navires vikings. Inspiré du terme suédois drakar, pluriel de drake (dragon), lui-même apparenté à l’ancien nordique dreki.
Les bateaux vikings ont des similitudes. Un très faible tirant d’eau, dont la coque est constituée de planches superposées avec une quille d’un seul tenant et doté d’un gouvernail amovible. Ils sont quasiment symétriques entre l’avant et l’arrière (poupe et proue se répondent de part et d’autre du mât), ce qui lui permet de pouvoir se déplacer indifféremment en avant et en arrière. Il possède éventuellement un grand mât facile à dresser et à abattre qui supporte une voile rectangulaire qui lui permet de remonter au vent.
Il existe deux familles principales de navires. Les langskip qui sont des navires de guerre et les kaupskip qui sont des navires de commerce.
Les langskip ou herskip n’ont pas de place pour le stockage des marchandises. Ils se déplacent indifféremment à la voile ou à l’aviron. Ce sont des transports de troupes capables de remonter les rivières. Selon leur taille, ils portent différents noms : karv, snekja (à vingt bancs de nage), dreki, skeið (qui tenait le rôle de croiseur lourd) ...
Les kaupskip sont des navires de commerce qui se déplacent à la voile, qui disposent d’un équipage réduit, qui sont capables de naviguer en haute mer et qui ne sont pas pontés. Leur cale est dite ouverte. Le navire de ce type découvert à Skudelev avait une capacité de charge de 16 tonnes. Depuis, des épaves de plusieurs autres navires de commerce ont été découvertes. Selon leur taille, on les nomme skúta (petit navire de brasse), l'eptirbátr (canot), le karfi (dont le représentant le plus connu est le Gokstad), byrding ou knörr (destiné au grand large) ...
Il existe également des bateaux de pêche ou caboteurs que l’on nomme ferja, mot qui a donné notre ferry.
Les barques, bátr, de petites tailles, avançaient à la voile et à la rame, avec jusqu’à quatre bancs de 10 ou 12 rameurs. Elles étaient encore utilisées au XIXe siècle en Norvège.
Les premières découvertes de navires vikings à Gokstad en 1880 et à Oseberg en 1904 ont amené les archéologues à la conclusion que les Vikings étaient des commerçants de produits de luxe. En effet, ces deux navires pontés, comptant des équipages importants, avaient très peu de place pour embarquer des marchandises. Or, comme il était de notoriété publique que les Vikings étaient avant tout des commerçants, les archéologues sont arrivés à la conclusion qu’avec des navires aussi mal conçus, les commerçants étaient obligés d’embarquer des marchandises peu encombrantes, mais à forte valeur ajoutée pour rentabiliser leur voyage. Donc, des marchandises de luxe. Depuis les fouilles de 1962, nous avons la preuve qu’à côté des navires de guerre, les Vikings disposaient des navires de transport capables d’embarquer des tonnes de marchandises.
Les Vikings furent des navigateurs suédois, danois, norvégiens qui ont développé trois grandes routes commerciales : celle du nord , celle de l’ouest et celle de l’est (le Varègue est le nom donné pour désigner le Viking qui commerce dans la région à l’est de la Scandinavie). Fourrures, peaux, métaux, ambre, miel, stéatite, sel, vin, blé, laine, argent, fer, or, cire, ivoire de morse, bois de construction, armes, tissu mais aussi esclaves, sont les produits échangés par les Vikings sur les itinéraires maritimes et terrestres qu’ils maîtrisaient, allant de Samarkand à la mer Caspienne, en passant par Jérusalem, Bagdad, Constantinople, le détroit de Gibraltar, la Galice, les côtes d’Aquitaine et de Bretagne, l’Angleterre, l’Irlande, la Scandinavie, le Groenland, ... sur 250 ans.
Sans leurs fameux bateaux, les Vikings n’auraient pu développer ces routes commerciales sur une aussi longue durée.

Nous mène-t-on en bateau, avec cette histoire de bateaux ?


Il est quand même surprenant que cette image de surhomme navigant sur un bateau à tête de dragon, pillant et violant tout sur son passage ne figure dans les sources quasiment qu’en France et en Angleterre.
Posons-nous une question. Pourquoi font-ils de tels périples ? Comme de tout temps la recherche d’une meilleure condition de vie. Pour cela deux alternatives, soit migrer dans un pays plus agréable, soit chercher fortune puis retourner au pays une fois riche. Pour devenir riche, là encore deux alternatives, la manière douce : le commerce ; la manière forte : le pillage.
Le pillage, ah ... nous y voila. Mais piller quoi, un village sans défense, une place forte ? Le village, c’est facile surtout s’il y a peu de gendarmes, non je veux dire peu de gens d’armes. On y trouve bien à manger et quelques objets d’artisanat, mais pour la fortune, on repassera. La place forte, c’est plus juteux, mais combien plus difficile, même s’il y eu quelques réussites, il n’y a toujours pas de quoi en faire toute une histoire. Où peut-on trouver quelque chose de précieux, assez peu protégé ? Dans les lieux de culte (églises, abbayes, monastères, etc.), où l’Église accumule de véritable trésor à la gloire de Dieu.
Les Vikings ont vite compris, et ont mis au point une technique digne de nos commandos modernes. Mais comment l’Église pouvait-elle expliquer le saccage de ses lieux de cultes sensés être protégés par Dieu et ses saints ? L’explication trouvée fut simple : les Vikings étaient des envoyés du diable. À partir de ce moment, la littérature (à l’époque, quasi exclusivement d’origine cléricale), s’est acharné sur l’image du Viking.
Cette stigmatisation est d’autant plus remarquable, que les sources slaves et arabes, le décrivent bien autrement. Il n’est pas question de les représenter comme des anges non plus. C’étaient tout simplement des hommes, qui espéraient une vie meilleure. Mais n’est-ce-pas ce que nous cherchons tous ?

Les sources


Les meilleures connaissances des armes vikings proviennent des découvertes archéologiques car comme dans presque toutes les sociétés germaniques, le guerrier se fait enterrer en armes. Les représentations graphiques ou la littérature dans les sagas nordiques peuvent être prises en compte avec une certaine mesure. On trouve aussi des bas-reliefs sur pierre ou bois, et des tapisseries. Ces sources peuvent être de purs produits vikings ou provenir d’autres ethnies.

Le port des armes


Chez les Vikings, la condition d’homme libre était liée au droit de la possession et de l’utilisation des armes. Dans certains poèmes vikings, il est même conseillé le port permanent des armes afin d’être prêt au combat à tout moment, du jour et et de la nuit. Les femmes et les esclaves n’ont pas le droit de porter des armes, même si comme toutes règles il y a des exceptions, comme l’atteste la découverte de rares tombes de femmes avec des armes, ou certains écrits comme la saga Gisla.

L’équipement de base


Comme ailleurs, les plus modestes utilisent leurs outils de travail, éventuellement modifiés. Équipés d’une hache ou d’une lance (souvent un épieu de chasse), protégés par un bouclier de bois et parfois un cale en cuir pour la tête, son couteau peut être additionné d’une autre lame courte (semblable au saxe germain). Ils utilisent aussi leurs arcs de chasse pour le combat. Les plus riches complètent leur équipement par un casque métallique, une épée (semblable au Spatha romain) et une broigne ou une cotte de mailles. Il n’y a pas de trace d’utilisation de vêtements rembourrés (type gambison), ce qui ne veut pas dire qu’ils n’en avaient pas, surtout avec une cotte de mailles.

L’arme des riches, l'épée


Les Vikings ont utilisé des saxes (appelés aussi scramasaxe, seax, sax, seaxe, scramaseax, scramsax et sachsum) qui sont des armes blanches pluri-germaniques (saxonne, franque, viking, etc.), sans garde, a un seul tranchant. L’autre côté de la lame n’étant affûté qu’à son extrémité (dernier tiers de la lame environ). Il mesure entre 20 cm et 1 m de long. Les spécialistes distinguent plusieurs types de saxes (voir armes des Francs). Les saxes étaient généralement portés dans un fourreau suspendu horizontalement à la ceinture.
Les Vikings ont aussi utilisé une épée à une main, semblable à la spatha romaine, avec des quillons plus développés et un pommeau assez volumineux habituellement de forme triangulaire. La lame à double tranchant, mesurait jusqu’à 1 m, pour un poids de 1,5 kg jusqu'à presque 2 kg.
L’épée est un véritable investissement, le fer était rare donc cher, tellement complexe à fabriquer que seulement quelques forgerons très spécialisés en sont capable, elle valait au moins une douzaine de vaches laitières, pour les modèles de base.

L’arme des rois, la reine des épées


Seuls quelques privilégiés, parmi les plus riches peuvent acquérir une épée +ULFBERH+T qui est un véritable trésor financièrement, mais aussi et surtout une somme de savoir technologique de fabrication et de composition inouï pour l'époque. Elle est considérée comme l’une des meilleures type d'épées jamais forgées.
Elle a été forgé entre l'an 800 et 1000, mais le type d'acier qui la constitue ne se retrouve pas avant le XVIIIe siècle en Europe. Parmi les milliers d'épées vikings retrouvées dans les tombes ou les cours d'eau seul 171 sont de véritables +ULFBERH+T.

L'acier qui la constitue est appelé acier Damas wootz élaboré en Inde et forgé sur place ainsi qu'au Moyen Orient. Il est réputé pour sa qualité et caractérisé par son aspect ou ses motifs moirés autrefois principalement utilisé pour la fabrication des armes. Il est le produit d'une méthode de fabrication d'un alliage d'acier, découverte en Inde autour de l'an 300, bien que certains placent son invention une centaine d'années auparavant. Sa qualité est le produit de la cristallisation fine du métal lors de son élaboration, la haute teneur en carbone (apport de charbon ou d'os calcinés dans le creuset) et sa grande pureté exempte de scorie grâce à l'apport de silice (verre, sable) aussi dans le creuset qui piégeait les scories lors de la fonte des minerais de fer à plus de 1500° dans un bas fourneau de type oriental.
Après la fonte du minerai, l'acier obtenu est refroidi et martelé lentement, afin de permettre une meilleure structure cristalline ramifié appelé dentrite.

À ce jour, ce type d'acier n'a été retrouvé dans aucun autre objet médiéval en Europe, ce qui n'est pas vrai en Extrême-Orient.
Pour confirmer le commerce avec ces pays lointains, rappelons que l'on a découvert des objets de culte d'origine indienne (boudha) dans certaines tombes vikings. Sachant que les Vikings utilisaient des navires de petites tailles, ils devaient faire commerce de marchandises peu volumineuses, à forte valeur ajoutée. Des lingots d'acier de qualité exceptionnelle rentrent dans ce critère. De plus, ces épées datent toutes de l'époque de l'ouverture de la route commerciale de la Volga qui descend jusqu'au nord de l'Iran.

Sur chacune de ces épées, il était incrusté en lettres fait en fer doux le mot +ULFBERH+T. À ce jour, personne ne sait ce que cela signifie, augmentant encore le mystère de cette épée. Cela ne peut être le nom du forgeron car sa fabrication dure environ deux siècles. Ce nom semble être d'origine franque et une croix devant un nom indiquait sa qualité d’évêque ou d'abbé. Mais l'Église n'avait pas de bon rapport avec les Vikings et pourquoi seulement eux auraient bénéficié de ce commerce. Cela ressemble plutôt à une référence de qualité, surtout que d'autres épées à l'acier d'une qualité bien inférieur ont été retrouvé mais toutes avaient une petite différence sur l'incrustation, la seconde croix était placée après le T et non entre le H et le T.

La fronde


Dans la saga Kjalnesinga, il est écrit que Bui Andríðsson n’a jamais porté une autre arme que sa fronde, qu’il nouait autour de lui. Il l’a utilisée avec des résultats mortels à de nombreuses reprises.

La hache


Basées sur l’outil de travail, les haches de combat se sont développées avec de plus grands tranchants et des manches plus longs. Quelques fers de hache (de riches Vikings) étaient richement ornés avec des incrustations de métaux précieux (or et argent). Dans l’ère Viking postérieure, il y avait des fers de hache avec le tranchant mesurant 45 cm, appelés Brei ð ö X ou Breid-Ox (la large hache), alors que les premiers fers ne faisaient que 7 à 15 cm.
Les lames de certaines haches sont en acier trempé, soudées à la tête en fer.
Les haches à double fer dans les représentations modernes semblent tenir de la fantaisie (aucune trace archéologique ou écrite).
La danaxe est une hache d'armes d'origine danoise généralement avec un manche assez long pour une tenue à deux mains. Parfois utilisée comme grappin d'abordage.

Les arcs


Les arcs ont été utilisés principalement pour la chasse, mais ils ont également été utilisés lors de combats à distance. Les archers débutaient les hostilités par une pluie de flèches avant le corps-à-corps. L’utilisation des archers, est cité dans plusieurs sagas (saga Brennu-Njáll le Brûlé, saga Eyrbyggja, etc), pour la défense d’un point. On trouve aussi son usage dans les combats nautiques (saga d’Olaf Tryggvasonar). Les arcs ont été faits à partir de bois d’if, de frêne, ou d’orme. En général, ils mesuraient de 1,5 à 2 m de longueur. On trouve peu de reste dans les sépultures de guerriers, car les arcs ont été utilisés principalement pour la chasse. Un arc complet a été trouvé à Hedeby, en bois d’if et mesurant 1,92 m de long.

Les lances


La lance est souvent utilisée par le guerrier viking, soit comme arme de jet ( dans ce cas le fer est parfois désolidarisé en retirant le rivet, pour éviter d’être renvoyée) ou comme arme d’hast dont la hampe peut aller jusqu’à 2 ou 3 mètres. Les différents fers retrouvés font de 20 à 60 cm, ont des formes les plus diverses avec ou sans quillon.

Casques (sans cornes)


Le casque Viking en fer, en forme de bol avec un nasal parfois additionné de “lunettes”. Le casque est parfois fabriqué d’une seule pièce, mais généralement il est fabriqué à partir de deux ou quatre plaques de fer rivetées ensemble par une bande de fer faisant le tour de la tête au niveau du front et une ou deux bandes passant par le sommet du bol. Sur certains casques, il y avait des camails assujettis et/ou des plaques métalliques sous la partie en forme de bol, pour assurer une protection supplémentaire.
Dans le chapitre 45 de la saga Eyrbyggja, Freysteinn a été protégé d’un coup d’épée au cou par un morceau de corne cousu dans son chapeau de feutre.
On ne trouve pas de cornes sur les casques de combat. Les seuls couvre-chefs qui auraient eu des cornes, seraient éventuellement d’ordre cérémonial voire chamanique.

Protection en mailles


Les mailles sont des anneaux de métal reliés entre eux pour constituer un tissu de protection. Les Vikings qui en avaient les moyens, utilisaient des protections en mailles sous forme d’une cotte de mailles et/ou de camail éventuellement assujetti au casque.
La technique d’assemblage des Vikings est dite 4 en 1, dans laquelle chaque anneau passe dans ses quatre plus proches voisins.
Dès les premiers temps de la période viking, tous les anneaux sont rivetés. Par la suite, on alternera une rangée d’anneaux rivetés et une rangée d’anneaux fermés, ce qui apportera gain de temps de fabrication, gain de poids, sans perte de l’efficacité.

Armures de pierres ?


Dans plusieurs sagas (saga Vatnsdæla, saga Vopnfirðinga…), il est fait mention de l’usage de pierres plates mises sous les vêtements pour se protéger.

Boucliers


Les boucliers vikings étaient dans un premier temps ronds, de type germanique, d’un diamètre d’autour de 90 cm ou plus, et de 1 à 3 cm d’épaisseur. Ils étaient faits de planches de bois en sapin, pin, saule ou tilleul. Ils avaient d’habitude un trou central avec une poignée protégée par un umbo métallique. Les boucliers devaient être couverts de cuir. Le pourtour devait aussi en être pourvu, car une série de petits trous en périphérie a été observée sur des certains restes de boucliers. Dans certaines sagas, on parle de boucliers portés dans le dos ou le côté, ce qui suggère qu’il pouvait avoir une lanière de portage. Des pigments ayant été trouvés sur certains restes, cela suggère qu’ils n’étaient pas couverts de cuir mais peints directement sur le bois.
Le bateau trouvé prés de Gokstad a des emplacements pour accrocher les boucliers sur le bord. Quelques boucliers vikings peuvent avoir été décorées par des modèles simples bien que quelques poésies skaldic louant des boucliers puissent indiquer des décorations plus complexes.
Il existe une polémique sur la forme des boucliers à la fin de la période viking. Certaines traductions de saga emploient les termes, d’extrémité du bouclier ou de queue du bouclier, ce qui suggère des boucliers allongés voire en goutte d’eau comme on peut en voir sur la tapisserie de Bayeux. Mais, sauf nouvelle découverte, on n’a pas encore trouvé de restes de boucliers de cette forme dans des fouilles archéologiques.



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